Étiquette : digital forensics

Lire des « micro-disquettes » avec une Greaseweazle

Depuis quelques mois (septembre dernier, pour être précis), je me suis plongé dans les questions de supports de données anciens – par un concours de circonstances. Et je me demande pourquoi nous n’avons pas commencé par cela. C’est tellement la quintessence de l’activité de préservation numérique, ça combine tellement de problématiques concrètes liées à la matérialité du numérique et à l’obsolescence logicielle et matérielle, tout fait sens, tout à coup, dans ce qu’on a appris. Et puis c’est visuel, c’est beaucoup plus simple à montrer et ça associe des outils particuliers et concrets à notre identité professionnelle.

J’ai donc commencé petit, en évoquant les disquettes ZIP, lorsque mes collègues de la TIB en avaient sous la main. Facile : un lecteur ZIP USB, quelques outils de création d’image disque, quelques utilitaires de restauration de fichiers supprimés. Puis j’ai tenté le disque dur interne – il fallait ouvrir le ventre d’une unité centrale, démonter le disque, retrouver un câble avec une interface IDE/PATA. Rien de très sorcier non plus, mais j’allais un peu plus loin dans l’expérimentation et dans des outils de digital forensics.

En parallèle, dans le petit monde de la préservation numérique, on s’est mis à parler pas mal de disquettes. Jusqu’à présent, c’était un domaine de niche, même au sein de la préservation numérique. Et puis, au début de cette année, la DPC a proposé plusieurs événements autour du traitement des disquettes, et a également publié un guide, joliment intitulé Copy that Floppy !1, écrit par Leontien Talboom, sur ce sujet2. L’objectif de Leontien est de démystifier ce savoir-faire, assez peu répandu dans les bibliothèques et archives : dans la plupart des cas, l’opération est simple. (Mais l’expérience apprend vite que, dans une minorité de cas, elle peut se révéler beaucoup plus délicate.)

Le guide prend acte du fait qu’une communauté a déjà ces compétences – et bien plus encore – et c’est celle de la rétro-informatique. Comme il s’agit surtout de hobbyistes, et non de professionnels, leur savoir-faire, bien que très conséquent, n’est pas très formalisé. Le travail de recueil et de compilation est donc fondamental. Je sais, c’est difficile d’accepter qu’on doive apprendre notre métier de gens qui l’ont développé comme loisir, mais c’est un fait.

Un disque dur externe connecté à un ordinateur portable avec un câble PATA/IDE-USB.

Explorer un disque dur interne

Cela fait plusieurs mois que je n’ai pas écrit dans ce blog, et ça me navre. Mon activité professionnelle ne me laisse pas assez d’énergie pour me lancer dans une telle entreprise après une journée de travail. Depuis avril dernier, je ne publie donc plus que pendant mes vacances. Or je suis en vacances, et rien ne semble venir. Je vais donc me forcer un peu et vous faire part de quelques dernières expérimentations, dans le prolongement de mon précédent billet.

Il se trouve en effet que j’avais un ordinateur familial acheté au début des années 2000 qui achevait son séjour au purgatoire dans la maison de mes parents, avant de s’envoler vers les tristes cieux des DEEE.

Dans ce billet, je vais donc faire un pas de plus et vous raconter comment j’ai fait une image de ce disque, puis je passerai en revue les méthodes et outils permettant

  • D’identifier bon nombre de fichiers système automatiquement ;
  • De récupérer beaucoup d’informations importantes sur les fichier supprimés – et pas que les fichiers supprimés eux-mêmes, comme on avait vu dans le précédent billet ;
  • De restaurer individuellement un de ces fichiers.

Prêt·e·s ? C’est parti !

Acquérir des données depuis des disquettes ZIP : une expérience

Un petit point d’attention avant de commencer : je débute dans le domaine des digital forensics. Le sujet m’amuse beaucoup, donc je profite de cet enthousiasme pour écrire mes aventures et les partager avec vous. Je préfère revenir ensuite sur mes billets pour les corriger plutôt que d’approfondir le sujet et risquer de perdre l’élan initial. Cet enthousiasme du débutant, c’est peut-être un petit effet Dunning-Kruger, mais il m’encourage.

Un peu de contexte

Il y a quelques semaines, Felix Burger, un de mes collègues de la TIB a évoqué cinq disquettes ZIP qu’il avait récupérées de Kamel Louafi, un architecte algéro-allemand. Ces disquettes étaient susceptibles de contenir des données liées au réaménagement du parc Welfengarten, où se trouve la Leibniz University Hanover.

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