Le titre de ce nouveau billet théorique est un hommage au livre de Jérôme Denis et David Pontille, Le soin des choses : Politiques de la maintenance, Paris : La Découverte, 2022. J’avais pensé un moment en faire une recension tant il me semble riche de sens pour toute activité assimilée de près ou de loin à la conservation. Je sais déjà que je n’épuiserai pas le sujet aujourd’hui. D’autres billets viendront probablement pour poursuivre celui-ci, notamment sur le souci de l’authenticité de la chose malgré des interventions qui l’affectent.
Au cœur du livre, il y a la valorisation de la maintenance comme requérant une connaissance intime de la chose, de son fonctionnement et de son usage. Les auteurs y distinguent l’activité de maintenance, silencieuse, invisibilisée, de celle de réparation, qui fait événement et qui répond à l’événement du dysfonctionnement. Pour illustrer la diversité des activités de maintenance, les auteurs évoquent entre autres la surveillance et le piégeage par les équipes d’un musée des insectes dans les réserves. La conservation, présentée par les auteurs comme une maintenance patrimoniale, est l’activité souterraine qui met en œuvre les conditions nécessaires à la prévention d’une dégradation brutale.