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Capture d'écran du jeu "L'aventure du saumon". Le saumon est en train de remonter un bief, en vue TPS.

Copie un jeu, sauve un saumon

tl;dr

  • La copie des disquettes, c’est délicat. Si vous tenez à ce qui se trouve sur une disquette, confiez-la à quelqu’un qui sait faire.
  • Si vous vous lancez dans la récupération de données sur disquettes, tentez plusieurs approches, plusieurs outils logiciels et matériels, et combinez les résultats.
  • Vous avez réussi à lire presque tous les secteurs d’une disquette ? Ça ne vous garantit pas de retrouver tout ce qui s’y trouvait, surtout si des erreurs de lecture affectent les premières pistes de la disquette : des fichiers peuvent rester invisibles, et les utilitaires de récupération ne vous aideront peut-être pas.
  • La première lecture d’une disquette après une très longue période est sans doute votre meilleure chance de récupération, les lectures successives pouvant la dégrader. Donc soignez la première lecture et réalisez-la dans les meilleures conditions possibles.

Nostalgie du jeu, jeu de la nostalgie

Je me méfie de la nostalgie. Dans le pire des cas, elle est réactionnaire, et dans tous, elle repose sur un mécanisme d’idéalisation du passé. Si je m’intéresse à la rétro-informatique, ce n’est ni par regret du temps d’avant, ni par passion des vieilles machines. C’est plutôt parce que ça me permet d’accéder à des objets historiques et culturels à étudier et conserver, avec l’espoir que ça éclairera le présent (le fantasme du détective qui plonge dans le passé pour dénouer les fils d’une intrigue contemporaine, cher à Pérez-Reverte, je n’arrive pas à m’en débarrasser totalement). Mais il faut bien avouer qu’un jeu vidéo comme premier exemple de traitement d’une disquette, c’est parfait, et vous allez comprendre pourquoi bientôt.

Lire des « micro-disquettes » avec une Greaseweazle

Depuis quelques mois (septembre dernier, pour être précis), je me suis plongé dans les questions de supports de données anciens – par un concours de circonstances. Et je me demande pourquoi nous n’avons pas commencé par cela. C’est tellement la quintessence de l’activité de préservation numérique, ça combine tellement de problématiques concrètes liées à la matérialité du numérique et à l’obsolescence logicielle et matérielle, tout fait sens, tout à coup, dans ce qu’on a appris. Et puis c’est visuel, c’est beaucoup plus simple à montrer et ça associe des outils particuliers et concrets à notre identité professionnelle.

J’ai donc commencé petit, en évoquant les disquettes ZIP, lorsque mes collègues de la TIB en avaient sous la main. Facile : un lecteur ZIP USB, quelques outils de création d’image disque, quelques utilitaires de restauration de fichiers supprimés. Puis j’ai tenté le disque dur interne – il fallait ouvrir le ventre d’une unité centrale, démonter le disque, retrouver un câble avec une interface IDE/PATA. Rien de très sorcier non plus, mais j’allais un peu plus loin dans l’expérimentation et dans des outils de digital forensics.

En parallèle, dans le petit monde de la préservation numérique, on s’est mis à parler pas mal de disquettes. Jusqu’à présent, c’était un domaine de niche, même au sein de la préservation numérique. Et puis, au début de cette année, la DPC a proposé plusieurs événements autour du traitement des disquettes, et a également publié un guide, joliment intitulé Copy that Floppy !1, écrit par Leontien Talboom, sur ce sujet2. L’objectif de Leontien est de démystifier ce savoir-faire, assez peu répandu dans les bibliothèques et archives : dans la plupart des cas, l’opération est simple. (Mais l’expérience apprend vite que, dans une minorité de cas, elle peut se révéler beaucoup plus délicate.)

Le guide prend acte du fait qu’une communauté a déjà ces compétences – et bien plus encore – et c’est celle de la rétro-informatique. Comme il s’agit surtout de hobbyistes, et non de professionnels, leur savoir-faire, bien que très conséquent, n’est pas très formalisé. Le travail de recueil et de compilation est donc fondamental. Je sais, c’est difficile d’accepter qu’on doive apprendre notre métier de gens qui l’ont développé comme loisir, mais c’est un fait.

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